Qui prend son temps dîne mieux!

En raison de la modification apportée au régime pédagogique pour les deux récréations de 20 minutes obligatoires, certaines écoles ont dû revoir l’horaire des classes et des périodes de transitions. À l’AQGS, nous avons entendu qu’à certains endroits, le temps de dîner a été retranché de dix ou même de 20 minutes, selon le cas, pour permettre la tenue des deux récréations. Si tel est le cas, en quoi avons-nous atteint l’objectif de faire bouger les élèves et de leur donner un temps de détente de qualité? Réduire le temps de dîner diminuera encore les chances d’offrir aux élèves des contextes de repas conviviaux permettant le développement de saines habitudes de vie (source : avis de l’AQGS).

 

Selon la politique-cadre, le temps requis assis pour manger est d’au moins 20 minutes. Ce temps permet aux jeunes de manger et de socialiser dans une atmosphère agréable.  Sachant que les élèves ne mangent pas tous au même rythme, jusqu’à 30 minutes sont nécessaires pour certains. De plus, manger lentement et bien mastiquer aide à savourer les aliments, à être plus satisfait de son repas et à mieux respecter sa faim. Une période de dîner suffisamment longue bénéficie aussi au personnel éducateur, qui pourra encadrer les élèves de façon plus détendue et efficace.

 

Analyser le temps de la période du dîner

À part le temps dont dispose l’école pour la période de dîner, plusieurs facteurs influencent le temps alloué aux élèves pour manger.

Voici les éléments à prendre en compte pour évaluer la pause du dîner :

  • Nombre de périodes et temps alloué pour chaque période.
  • Nombre total d’enfants qui mangent sur place, par période du dîner.
  • Nombre d’enfants qui sortent en même temps de leurs locaux de classe et temps de déplacement.
    • Un léger intervalle par cycle peut permettre d’accélérer le service des repas si tous les enfants n’arrivent pas en même temps.
  • Grandeur de la salle à manger et nombre de salles à manger.
    • Avoir plusieurs salles à manger peut s’avérer une option intéressante. Des salles plus petites permettent aux enfants, surtout les plus jeunes, de se retrouver ensemble dans un milieu où ils se sentent en sécurité avec leur groupe d’amis. Le niveau de bruit est moins élevé et l’ambiance plus intime. Quelques inconvénients : les besoins de surveillants peuvent être accrus et la manutention des plateaux plus compliquée.
  • Temps nécessaire à l’utilisation du four à micro-ondes.
  • Organisation et nombre de personnel requis pour l’utilisation des fours à micro-ondes.
  • Nombre d’enfants qui utilisent les fours à micro-ondes et temps d’attente.
    • Certaines écoles ont limité ou retiré les fours et apprécient le fait de ne plus avoir à gérer les files d’attente de même que la réduction des enfants qui circulent et perdent du temps à attendre pour réchauffer leur plat.
  • Temps nécessaire au service alimentaire pour servir tous les élèves qui achètent un repas.
  • Temps dont dispose l’élève servi à la cafétéria pour manger.
    • Les cartes repas ou coupons accélèrent le paiement et évitent la manipulation d’argent. Une ligne de service bien pensée évite les croisements et les dégâts tout en accélérant le service.
  • Temps de rangement.
    • Le rangement des boîtes à lunch et des plateaux de service fait de façon efficace peut éliminer des pertes de temps. Les bacs de recyclage et de compostage doivent être facilement accessibles.

 

Voici un aperçu d’une ligne de temps visuelle que vous pouvez effectuer pour faire votre analyse. Dans l’exemple, on constate que les élèves ont 25 minutes pour manger dans la période #1 et 20 minutes dans la période #2.

 

 

 

 

 

 

Un outil d’auto-évaluation a été inclus dans le guide d’accompagnement, en page 55.

 

 

 

 

À propos de Lucie Laurin

Diététiste de formation, Lucie a été intervenante École en santé et impliquée pour la politique alimentaire et les saines habitudes de vie dans les écoles et les services de garde en milieu scolaire depuis de nombreuses années. Elle a notamment complété une certification de nutrition en santé publique en 2015.

Lucie Laurin Dt.P. – Chargée de projet et formatrice
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lucie.laurin@gardescolaire.org