« Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit »

Pour le personnel éducateur, la période du dîner est considérée comme un moment privilégié pour discuter et créer des liens avec les élèves. En revanche, si le niveau de décibels grimpe à tous les dîners, ce moment sera plutôt irritant et les conversations seront difficiles!

Selon le guide d’application de la politique-cadre, un niveau régulier de bruit à une intensité élevée peut être cause d’irritation et de fatigue chez certains jeunes; interférant avec la communication (socialisation).Il est donc conseillé d’évaluer l’environnement acoustique de la salle à manger et, au besoin, de réduire le niveau des bruits dérangeants, sans toutefois exiger des élèves qu’ils mangent en silence. Il existe une façon très simple et gratuite pour mesurer le bruit, avec une application commeSoundMeterX. Selon santé et environnement Québec, à 50 décibels (dB), le bruit commence à être perçu comme dérangeant pour certains, mais est tout de même acceptable sur l’heure du dîner. À 80 dB, les conversations sont difficiles et on a une sensation de bruit fort. Il sera donc pertinent d’intervenir au-delà de ce niveau de bruit.

Baisser le ton

À propos de la gestion du bruit, nous avons effectué un sondage auprès des adeptes de notre page Facebook et vous avez été 37 à y répondre.

Le moyen le plus utilisé pour réduire le bruit est d’éteindre les lumières lorsque le niveau sonore devient dérangeant (78%). Aussi, 43% imposent le silence durant une courte période. Il s’agit là de moyens pour calmer le chaos. Souhaitons que le personnel a mis en place des mesures en amont afin d’éviter d’avoir recours à ces moyens tous les midis, en raison du bruit excessif.

Comme moyens préventifs les plus utilisés, et qui sont des moyens reconnus efficaces :

  • limiter les déplacements des élèves (60%);
  • montrer aux élèves comment parler calmement (35%);
  • placer les élèves en petits groupes (28%);
  • en fin de période de repas, plusieurs élèves peuvent faire des jeux calmes dans le local (35%) ou quitter (26%);
  • mettre de la musique d’ambiance (20%).

Heureusement, aucun répondant du sondage n’impose le silence durant toute la période du repas.

Une éducatrice a mentionné qu’elle avait la chance d’amener son groupe dîner à l’extérieur, dès que le temps le permettait. Quelle ambiance de repas agréable pour tous!

Seulement deux répondants ont mentionné l’utilisation de panneaux acoustiques, alors qu’il s’agit d’une façon efficace pour réduire le bruit.Pour s’inspirer, consultez le document élaboré par la diététiste Pascale Chaumette qui a fait un résumé de moyens pour des aménagements de locaux moins bruyants.

D’autres astuces constatées sur le terrain :

  • Afficher les consignes pour manger dans le calme
  • Revenir sur ces consignes à plusieurs reprises durant l’année. Selon le groupe d’âge, les faire lire par les élèves
  • S’assurer de montrer l’exemple en parlant soi-même sur un ton calme
  • Lorsque les enfants sont très agités avant un repas, faire ressortir leur trop-plein d’énergie en les faisant bouger (exemple : pause active).
  • Lancer une discussion, par exemple sur un sujet d’actualité ou sur les aliments, et laisser les élèves échanger calmement sur ce sujet.

Nos données d’enquête révélaient en 2014 que le bruit est de loin l’obstacle le plus important qui nuit à l’ambiance du repas. C’est aussi le problème que le personnel souhaiterait améliorer en priorité. La possibilité d’utiliser des locaux adéquats pour la période du dîner est le moyen suggéré dans l’enquête comme étant le plus efficace pour y remédier. Sachant que ce moyen ne peut être accessible à tous, il va falloir continuer à être à l’écoute des besoins des élèves et du personnel, et adapter les solutions aux réalités de chaque milieu. À ce propos, je vous invite à me partager les moyens efficaces que vous avez mis en place dans votre école, afin que je puisse partager vos bons coups et inspirer les autres services de garde…

 

 

 

À propos de Lucie Laurin

Diététiste de formation, Lucie a été intervenante École en santé et impliquée pour la politique alimentaire et les saines habitudes de vie dans les écoles et les services de garde en milieu scolaire depuis de nombreuses années. Elle a notamment complété une certification de nutrition en santé publique en 2015.

Lucie Laurin Dt.P. – Chargée de projet et formatrice
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lucie.laurin@gardescolaire.org