Boîte à lunch sous enquête!

Jusqu’où va le rôle de l’école dans le contenu de la boîte à lunch des élèves? Plusieurs pratiques sont présentes dans les écoles du Québec, et elles soulèvent des débats. Les opinions sont très partagées, il n’y a qu’à regarder les commentaires à ce sujet sur les pages Facebook des éducatrices ou des parents pour s’en rendre compte. En janvier dernier, lors de la sortie du nouveau Guide alimentaire canadien, on a pu constater dans les médias à quel point l’alimentation soulève les passions. La ministre de la Santé avait même été invitée à Tout le monde en parle!

 

Un objectif commun

On s’entend tous sur les objectifs principaux :  que les élèves s’alimentent le plus sainement possible, et qu’ils apprennent à faire des choix alimentaires variés, équilibrés et de bonne qualité.  Ce qui diffère toutefois, ce sont les valeurs et les croyances associées à la saine alimentation; et les moyens pour y arriver. Selon les stratégies utilisées, les impacts seront différents, tant sur les parents que sur les enfants.

 

Qu’est-ce que la saine alimentation?

Selon la vision de la saine alimentation (MSSS 2010), une alimentation saine est constituée d’une variété d’aliments qui se situent sur un continuum, de peu nutritifs à très nutritifs. Les aliments de valeur nutritive élevée (ceux que l’on retrouve dans le Guide alimentaire canadien : fruits, légumes, grains entiers, protéines) doivent y occuper une place importante tant sur le plan de la fréquence que de la quantité. L’eau doit être la boisson à privilégier.  Les aliments ne peuvent être catégorisés : il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » aliment.  Il n’y a donc pas lieu d’interdire des aliments dans la boîte à lunch, mais plutôt d’en manger en petite quantité et moins souvent.

 

Les pratiques éducatives à privilégier

Dans la politique-cadre pour un virage santé à l’école (MELS 2017), on souhaite que les CS et les écoles offrent à la jeunesse québécoise un environnement favorable à l’adoption et au maintien de saines habitudes de vie. Les orientations en saine alimentation interpellent les services traiteurs, les concessionnaires et le milieu scolaire. On leur demande d’offrir une alimentation variée et de privilégier les aliments de bonne valeur nutritive, de même que d’éliminer les aliments à faible valeur nutritive de leur offre alimentaire. Il n’a jamais été question de demander aux parents d’éliminer ces aliments de la boîte à lunch. La politique-cadre mentionne plutôt de mettre en place différentes activités de promotion qui favorisent la saine alimentation et d’informer les parents des différentes actions mises en place afin qu’ils soutiennent les efforts du milieu scolaire et assurent la continuité.

 

 

À retenir!

Le renforcement positif est plus efficace que l’interdiction ou la réprimande.

On ne peut interdire les croustilles, les boissons gazeuses et le chocolat de façon cohérente auprès des parents et des élèves. Qu’en est-il des boissons à saveur de fruits et des gâteaux qui n’ont guère meilleure valeur nutritive? Vaut mieux mettre de l’avant les concepts de variété, d’équilibre et de modération.

 

Un aliment interdit devient plus attirant!

On ne peut juger des valeurs des parents en ce qui concerne la boîte à lunch. Ce ne sont pas tous les parents qui ont le temps, l’énergie et l’argent pour faire de beaux lunchs nutritifs sur une base régulière. De même qu’on ne peut juger de la qualité de l’alimentation d’un élève simplement en analysant quelques repas. Il est toutefois possible que vous constatiez que la boîte à lunch d’un élève contient des aliments de faible qualité sur plusieurs semaines. Il est alors justifié d’exprimer ses préoccupations et de fournir de l’aide au besoin.

 

La gestion du contenu de la boîte à lunch par le personnel éducateur peut devenir source de conflits avec les élèves et leurs parents. En parlant de façon positive des aliments à privilégier, on évite les tensions et on obtient de meilleurs résultats.

 

À propos de Lucie Laurin

Diététiste de formation, Lucie a été intervenante École en santé et impliquée pour la politique alimentaire et les saines habitudes de vie dans les écoles et les services de garde en milieu scolaire depuis de nombreuses années. Elle a notamment complété une certification de nutrition en santé publique en 2015.

Lucie Laurin Dt.P. – Chargée de projet et formatrice
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