« L’âme de l’école, c’est le service de garde » – Lettre par Diane Miron

Semaine Québécoise de la garde scolaire 2019 du 13 au 17 mai

« L’âme de l’école, c’est le service de garde »

Diane Miron

Présidente, Association québécoise de la garde scolaire

 

Ces mots ne sont pas de moi, mais bien du ministre de l’Éducation, qui les a prononcés en mars dernier en pleine commission parlementaire lors de l’étude du projet de loi portant sur les frais exigés des parents, où j’étais invitée à présenter l’opinion de l’Association québécoise de la garde scolaire, en compagnie de la vice-présidente de notre Association.

Voici la citation complète :

« Je ne sais pas s’ils nous écoutent ou s’ils vont le savoir, mais l’équipe du service de garde de l’école la Mosaïque, à la commission scolaire Marie-Victorin, qui s’est occupée de mes deux petites filles pendant un bon 10 ans : elles sont exceptionnelles. Je reconnais vraiment la qualité des services et l’âme de l’école, c’est le service de garde. Dans cette école, c’est vraiment le service de garde. Ils ont façonné, puis ils ont vraiment influencé mes filles. ».

Pour nous qui militons depuis longtemps pour que la garde scolaire soit pleinement reconnue et valorisée, il va sans dire que d’entendre des mots d’appui aussi forts et ressentis de la part d’un ministre de l’Éducation en exercice, c’est un événement! En cette Semaine québécoise de la garde scolaire, je n’aurais pu en choisir de meilleurs pour remercier les membres du personnel des services de garde en milieu scolaire et les encourager à poursuivre leurs efforts et leur engagement pour les élèves.

En s’exprimant ainsi, le ministre n’a pourtant fait qu’écho aux témoignages que nous recevons régulièrement de la part des parents dans les services de garde. Dans un sondage réalisé en novembre dernier auprès de 1 200 parents dont les enfants fréquentent la garde scolaire, le taux de satisfaction mesuré excède les 90 %. Pourtant, dans le réseau de l’éducation, la garde scolaire souffre d’un déficit chronique de reconnaissance.

Sous la thématique « La garde scolaire s’affiche! », la Semaine de la garde scolaire 2019 emprunte aux codes du cinéma pour mettre la garde scolaire à l’avant-scène et rendre hommage à celles et ceux qui s’investissent au quotidien pour que les élèves apprennent et grandissent en suivant le meilleur des scénarios. Cette thématique se veut aussi un encouragement au personnel en service de garde à afficher haut et fort leur fierté, à promouvoir leur savoir-faire unique et l’importance de leur apport dans le quotidien des élèves et à faire valoir leur rôle auprès de toute l’équipe-école.

Évidemment, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Les services de garde fonctionnent sur la base d’une règlementation désuète datant de 1998. Leur financement tient compte uniquement des enfants inscrits sur une base régulière alors que de plus en plus de ceux-ci le fréquentent de façon sporadique. Les postes offerts en garde scolaire, souvent à temps plus que partiel et suivant des horaires brisés, sont peu attrayants pour aller chercher et retenir une main-d’œuvre qualifiée. Les locaux sont souvent trop petits ou inadéquats, dans des écoles devenues surpeuplées. Bref, ces conditions font en sorte qu’il est difficile d’offrir des services ayant le même degré de qualité dans tous les services de garde, ce qui contribue sans doute à ce déficit de reconnaissance.

Il y a actuellement un vent de changement qui souffle sur l’école, que l’on pense seulement à la mise en œuvre des maternelles 4 ans, au vaste chantier de rénovation des écoles et à la transformation des commissions scolaires. Nous y voyons une opportunité formidable de repenser l’école comme un milieu de vie où les actions concertées de tous les intervenants, qu’ils soient parents, enseignants, professionnels, directions d’établissement ou éducateurs en garde scolaire, sont centrées sur l’élève. Il est impératif de briser nos propres silos et mettre fin aux chasses gardées.

Il est grand temps de refonder la garde scolaire sur de nouvelles bases.

 

Diane Miron, présidente de l’AQGS